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Mazélie, Dauphiné Libéré - 20 Février 2016

De plus en plus, le commerce sort des sentiers battus et des magasins pour trouver d’autres moyens de séduire la clientèle. Certains font le pari d’internet. D’autres viennent viennent directement chez vous. Pour offrir leur savoir faire dans des domaines de plus en plus variés, ou leurs produits, en exclusivité : c’est le choix fait par la société Hardrige de Sillans, pour commercialiser ses chaussures.

Avec le désengagement de l’armée et des administrations qui assuraient les trois quarts de son chiffre d’affaires,la société Hardrige créée par Guy Richard en 1985, a bien failli disparaître en 2009. 

C’était compter sans l’attachement des trois enfants, Olivier, Julie et Jeanne, à l’entreprise familiale de chaussures de Sillans, dans la Bièvre.
Devenu PDG, Olivier Richard restructure l’entreprise et délocalise la fabrication au Portugal. Puis, inspiré par l’exemple de la société Charlott’, devenue en moins de vingt ans le numéro un de la vente de lingerie à domicile, il adapte le concept à la chaussure et crée une filiale dédiée, Mazélie, dirigée par Jeanne Richard.

  • 150 vendeuses dans toute la France 

Sur le principe popularisé par Tupperware dans les années 60, la vente est organisée chez une hôtesse qui convie une vendeuse à domicile indépendante venue présenter une trentaine de modèles de la dernière collection, de la maroquinerie et des accessoires (ceintures, foulards, bracelets, portefeuilles…). Et la chaussure à domicile, ça marche.
Lancée en septembre 2012, Mazélie travaille maintenant avec plus de 150 vendeuses dans toute la France, dont une dizaine dans le Nord Isère. Depuis, tous les six mois, à chaque changement de collection, le chiffre d’affaires double. Ce qui permet à Olivier Richard de fixer un objectif de 10 millions d’euros pour la seule filiale, alors que le chiffre d’affaires global du groupe était de 8 millions en 2015.
« On a raté le virage d’internet parce que nos banquiers n’ont pas suivi », dit le PDG, sans le regretter.
Avant d’ajouter : « Tant mieux ! Ce qui manque à internet, c’est le contact, les relations humaines. Les leaders de la vente par internet, comme Spartoo par exemple pour les chaussures et les vêtements, ouvrent maintenant des boutiques en centreville. Le contact direct avec les consommateurs, c’est le vrai plus de la vente à domicile.»

  • Une clientèle exclusivement féminine 

Marque vendue uniquement à domicile, Mazélie propose une gamme de chaussures de 79 à 199 €, avec un prix moyen d’achat se situant autour de 119 à 129 €. Les vendeuses à domicile indépendantes, qui sont inscrites au registre du commerce, touchent 25 % hors taxes du chiffre d’affaires qu’elles réalisent. Elles ont entre 35 et 40 ans et gagnent en moyenne 450 € par mois, mais certaines montent jusqu’à 1 500 à 2 000 €.
Leur clientèle est exclusivement féminine, résume Olivier Richard. « On avait commencé aussi avec des chaussures pour enfants, mais ça n’a pas marché. En vente à domicile,les femmes veulent aussi passer un bon moment entre elles ! »

  • La vente directe connaît une forte croissance depuis plus de dix ans 

Créatrice de lien social, la vente directe est plébiscitée en France par les consommateurs, avec 30 millions d’actes d’achat par an, et elle connaît une croissance forte depuis plus de dix ans. En 2014, le secteur de la Vente Directe représentait un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards d’euros.
Quelque 624 600 personnes travaillent dans le secteur, auxquels s’ajoutent 65 000 emplois indirects dans les fonctions supports, la recherche et le développement, la production et la sous-traitance. La vente directe, c’est aussi la création de 25 100 emplois en France en 2014. Parmi les 562 000 vendeurs des entreprises adhérentes de la Fédération de la vente directe : 40 % exercent leur profession à temps plein, 31 % effectuent cette activité comme complément de revenus et 29 % sont en multi-activité.

22/03/16

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